Ivana Müller

16.10 ➜ 20.10 2023

Mirages et tendresses
(Création 2025)

Mon corps est fatigué, mais joyeux quand même … il a toujours des désirs, il aime bien se lever le matin, il aime bien marcher, il aime bien danser, il a envie de faire des efforts… Mon regard est un peu épuisé mais continue à voir des petits miracles partout (même si parfois j’ai l’impression que j’ai déjà vu pas mal de choses, le monde m’émerveille dans sa permanente transformation)… Ma tête est lourde mais continue à produire des idées qui volent, mon dos est coincé mais il me permet de ralentir mes mouvements et donc de voir plus en détail… 

Comment être flexible avec son inflexibilité, comment reconstruire son corps à travers ses failles, ses faiblesses… qui peuvent devenir, si non pas ses forces, mais au moins ses ressources.

Nos corps contemporains, comme notre planète d’ailleurs, sont épuisés. On leur demande sans cesse de faire des efforts… et on leur procure de moins en moins de joie : nous dansons moins, nous marchons moins, nous travaillons moins physiquement… Et pourtant, au quotidien, nos corps sont de plus en plus épuisés. Ils sont, au contraire, souvent ou toujours vifs et ‘entraînés’ dans leurs représentations médiatiques. On nous encourage, d’ailleurs, à nous entraîner tout le temps : nos médecins, nos applications numériques, nous-mêmes…

« S’entraîner » contient la notion de ‘se préparer’. Pour quoi nos corps quotidiens s’entraînent-ils exactement ? Pourquoi se préparent-ils ?  …Non pas pour tuer le lion, non plus pour attaquer l’ennemi, non plus pour cueillir des olives, non plus pour moissonner les champs… Quand nous courons tous les matins, vers où courons-nous ? Quand nous nous étirons dans nos pratiques de yoga, vers où nous étirons-nous ? Pour quelles situations, pour quels contextes, pour quels évènements, pour quel quotidien préparons-nous exactement nos corps ?

En tirant la parallèle entre le corps humain individuel et intime, et la planète sur laquelle nous vivons et que nous partageons, cette pièce prend pour point de départ l’état physique du monde comme source et ressource à travers lesquelles nous faisons l’expérience de la vie, en faisant le bilan de son état actuel et du temps qui lui reste.

 

Une pièce intimiste, dans un décor qui englobe les spectateurs. Une grotte, une planète, un utérus collectif en quelque sorte… Qui accueille, comme après un naufrage, les humains curieux. Le temps passé dans cet environnement est comme un temps de gestation, la « préparation » de passage d’un univers à l’autre pendant lequel on se plonge « une corporalité partagé « et on se raconte des histoire sur le monde qui nous attend.

Ivana Müller est Artiste associée au Pacifique depuis juin 2022.

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