Ivana Müller

Réparer l’invisible

mer. 24.04.24 > mar. 30.04.24

Réparer l’invisible propose une pratique performative, participative et poétique d’actions de réparations collectives, au cours desquelles, de différentes manières, nous “réparons”, consolidons, écoutons, soignons, reconsidérons… nos communs.
On pourrait considérer cette pratique comme une sorte de mycélium de rencontres, de marches collective, d’actions performatives, de processus d’apprentissage, de séances de racontage d’histoires, d’assemblées de broderie, de veilles nocturnes… à travers lequel nous, en collaboration avec des artistes locaux, des poètes, des anthropologues, des défenseurs des droits des tout vivant, des architectes désillusionnés et avec d’autres activistes discrets de l’invisible, créons et partageons les nouvelles utopies intimes d’une ville, basées sur la notion de “réparation”, de guérison et d’attention, comme un moyen de combattre les idées préconçues et d’exercer l’imagination collective.
Dans cette pratique, nous proposons donc un cadre performatif dans lequel nous rassemblerons différentes personnes, avec différentes pratiques de vie, différents rapports à la ville, pour enquêter et composer ensemble imaginations quant aux réparations collectives nécessaires.
Ces réparations prennent la forme d’actions dans des lieux publics, d’ateliers avec des collectifs et/ou des associations locales. Elles font support à la broderie d’une “nouvelle” carte (à grande échelle) de la ville réparée. Enfin, elles donnent lieu à une performance qui raconte et fabule les lieux et les gestes de réparations récoltés, joués, rêvés, en laissant ouvert et appropriable le répertoire des réparations possibles et à venir.
Réparer l’invisible, pourquoi ? De nos jours nous avons confié/délégué les actes et les gestes de réparation à des expert·es et à des professionnel·les (urbanistes, agents de maintenance, architectes, spécialistes des infrastructures, professionnel·les, technicien·nes de la santé, juristes, politicien·nes…), oubliant souvent que la réparation est aussi un processus qui fait toujours partie de la construction des communautés, non seulement dans le cadre des relations quotidiennes, mais aussi dans le cadre de l’imagination d’une communauté quant à sa vie future. La réparation, entre ce qui maintient et génère, les ligne de vitalité d’un corps collectif.
Une telle réparation ne peut pas, peut-être, guérir les blessures de nos mondes mais peut possiblement modifier notre point de vue individuel et collectif sur l’expérience du commun, en nous orientant davantage vers des lignes de soin et de soutien.
Réparer l’invisible peut prendre lieu dans des milieux urbains, ruraux ou dans la nature. Le témoignage des spectateur·ices/participant·es fera de ces actes performatifs une expérience artistique, mais aussi une pratique sociale/civique et engagée,’une forme de chorégraphie sociale qui s’étend dans l’espace et dans le temps, avec les consequences plus au moins visibles, avec les mouvements plus ou moins saisissables.

La première version de Réparer l’invisible aura lieu à Ljubljana (Slovenie)en août 2024 pendant le festival Mladi Levi, en co-production de Bunker/Mladi Levi/ Maska et ORLA.
La première version en France aura lieu en novembre 2024 à Grenoble, accueillie et co-produite par Le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique et ORLA.

Dans cette version, Ivana Müller et Bojana Kunst collaborent avec l’anthropologue et danseur Jérémy Damian, le danseur et chorégraphe Ramon Lima et l’artiste Gabrielles Boulanger. Le processus de la recherche a été nourri par les conversations avec une quinzaine de “conteurs” Grenoblois·es entre autres Pascaline Thiollières, Nicolas Tixier, Alice Guerraz, Cyril Hugonnet, Xavier Bodin, Sarah Mekdjian, Julien Bigué, Éléonore Gilbert, Gaëlle Partouche et d’autres.